Indonésie

Indonésie

Féérie et filouterie à Maninjau

Par perayu
Féérie et filouterie à Maninjau

De Hong-Kong et Denpasar, Perayu visite l'Asie du Sud-Est pendant six mois, alternant à peu près tous les moyens de transport, en bateau, en train, en bus, à vélo, à pied... De belles rencontres et quelques inévitables arnaques attendent le jeune couple de Français, qui en prend plein les mirettes !

La route qui relie Bukittinggi à Maninjau traverse des vallées verdoyantes à la forêt dense et se termine en apothéose par la longue descente vertigineuse jusqu'au lac Maninjau.
Chaque virage donne une vue plus grandiose sur la vaste étendue d'eau enclavée dans une caldeira créée il y a plus de 50.000 ans par une éruption volcanique.

Un paysage grandiose

La route se termine au village Maninjau, deux rangs d'anciennes demeures coloniales hollandaises disposées le long de la route principale. L'une d'elles abritait la pension Amey, le plus remarquable hébergement que nous ayons fréquenté depuis notre départ.
Le couple de vieux Minangkabaus qui y résidait était au petits soins car nous étions les seuls pensionnaires. La chambre, tout en bois, était richement décorée et donnait sur une coursive avec vue sur le lac Maninjau, surplombant un petit jardin fleuri.
Nous repartîmes aussitôt nos sacs déposés dans la même direction par laquelle le bus nous avait amenés quelques minutes auparavant, remontant quelques lacets de la route pour y jouir plus longuement du panorama grandiose.

L'attraction touristique, ce sont les touristes !

La jungle qui bordait la voie nous assourdissait de la cacophonie des stridulations des insectes, du chant des oiseaux et des cris des singes que l'on apercevait parfois sauter de branche en branche dans la canopée des arbres gigantesques.
Deux minibus s'arrêtèrent soudain à notre hauteur et déversèrent un flot d'étudiants qui souhaitaient s'exercer à l'anglais. Nous répondions poliment à chacune de leurs question, toujours les mêmes, que nous posaient tour à tour les plus hardis, alors que de jeunes filles timides nous toisaient du coin de l'œil en masquant leur sourire d'une main délicate placée subtilement devant leur visage juvénile au longs cheveux sombres.
La menace de l'orage quotidien nous offrit prétexte à prendre congé et nous rebroussâmes chemin, trop tard malgré tout pour éviter la rincée. La soirée était bien avancée lorsque l'ondée mollissant nous permit de sortir à nouveau. Après dîner, nous peinions à regagner l'hôtel, tant la nuit était noire.
Les lampes blafardes disposées à l'entrée de chaque maison n'éclairaient la rue d'un halo lumineux qui ne couvrait que quelques mètres, laissant de grandes zones d'ombre entre les habitations.

Des égouts et des couleurs

Je ne pouvais voir qu'il manquait une dalle de béton sur le trottoir et fus brusquement précipité vers le fond d'un égout à ciel ouvert dont je m'extirpais aussitôt d'un bond rapide. Trop tard! Mon pantalon était souillé par l'amas d'ordures pourrissantes détrempées par le ruissellement des eaux de pluies de l'après-midi...
Le lendemain, alors que nous longions la rive, des pêcheurs nous interpellèrent. Ils attrapaient des alevins à l'épuisette pour garnir les cages flottantes des élevages qui essaimaient les eaux des bords du lac.
Ils nous appelèrent à l'aide, mais nous manquions de dextérité et les petits poissons s'échappaient à chaque fois que nous relevions le filet, ce qui provoquait l'hilarité des deux compères !
Le plus vieux nous conta son histoire: il était fils d'un cultivateur de pavot dans la province de Banda Aceh, à l'extrême nord de Sumatra. Il avait quitté sa province natale pour exercer à Maninjau une profession plus honorable et, bien que très pauvre, il se sentait mieux ainsi.

Des touristes dans les filets

Les échecs répétés nous firent abandonner rapidement la pêche et, alors que nous voulions prendre congé, le vieux proposa de nous prêter sa pirogue le temps de quelques coups de pagaie. Il insista tant que nous craignions de l'offusquer par nos refus répétés.
Nous montâmes finalement à bord de la frêle embarcation qui était si difficile à diriger que nous nous retrouvâmes vite à l'eau. Nous rejoignîmes le rivage et, sitôt pied à terre, le pêcheur nous réclama un subside pour la location de son canoë. Nous refusâmes de céder à sa filouterie et nous en allâmes fâchés.
En rogne, Eric passa son après-midi à la pension tandis que je me baladais, profitant une dernière fois de l'atmosphère féérique de ce lieu magnifique.

Les jeunes Strasbourgeois reprennent leur route, enchaînant galères et dépaysement jusqu'à Djakarta, sans jamais perdre leur appétit de découverte. Une aventure palpitante et richement illustrée à vivre sur le blog de Perayu.

Commentez cet article

Carte du pays

Drapeau

Indonésie

Mises à jour des trippers




































































































Indonésie

J'ai également visité ce pays

Photos : Indonésie

ENTREZ dans la communauté Tripper Tips EN 3 ÉTAPES !